juin 17th, 2019
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2017 est mort, vive 2018 !

Après plusieurs années de stabilisation, la fin de 2017 marque le début d’une relance économique positive pour le Suisse. Même si ces dernières années, y compris l’année écoulée, ont connu une croissance, celle-ci est restée très faible, entre 0.8 et 1.3 %. La situation du franc, le ralentissement de certains marchés, notamment dans le domaine horloger et une baisse de la consommation intérieure ont fortement pesé. De plus, une certaine incertitude politique concernant les relations avec l’Union Européenne due à l’application de la votation de février 2014 sur l’immigration et le Brexit ont aussi contribué à cette stagnation, créant ainsi une remontée du chômage jusqu’au début 2017.

Malgré tous ces éléments, cette année a vu le taux de chômage se réduire et les deux derniers trimestres, les exportations ont pris l’ascenseur, y compris dans un domaine que l’on pensait en crise sévère, l’horlogerie. Il est clair que la dépréciation du franc ces derniers mois a apporté sa contribution à ces augmentations. Proche de la parité en début d’année, le cours du change a évolué en faveur de l’économie suisse, se rapprochant du taux plancher des 1.20 CHF pour 1 € que la BNS avait maintenu à grand renfort d’achats de devises pendant plusieurs années. Ceci a permis à l’industrie helvétique des machines d’augmenter sa contribution à l’augmentation des exportations, à côté de l’industrie pharmaceutique et de la chimie. Par effet de levier, le chômage a donc connu une décrue, passant de 3.7 % à 3.1 % en cette fin d’année. Et ceci malgré plusieurs grands plans sociaux. Le dernier en date étant celui de Autodesk à Neuchâtel. D’ailleurs ce canton est parmi ceux qui ont le plus souffert des restructurations et réorganisations d’entreprise que le pays a comptées ces 12 derniers mois. Il a, avec le Jura et Genève, le nombre de chômeurs le plus élevé de Suisse. Parallèlement, c’est aussi dans ces 3 cantons, ainsi que Vaud, que la volonté d’engager plus localement se développe. Non que les autres cantons y soient moins attachés mais ils connaissent, en général, plus un problème de recrutement que de chômage. Il ne faut bien évidemment pas oublier le Tessin qui se trouve dans la même situation que la majorité des cantons romands.

Cependant, au-delà des fermetures de sites et de l’habituelle accusation que ce sont les frontaliers sous payés qui occupent les postes, l’année 2017 a fait apparaître encore plus clairement le double problème auquel sont confrontés les romands. Le premier est purement géographique. Les emplois, massivement dans le Mitteland, en Suisse Centrale ou dans la bande nord du pays ne correspondent pas aux bassins d’habitation des romands. Trop éloigné, il faut déménager pour se rapprocher du marché travail dynamique que représentent ces régions. Mais le romand n’est pas un grand voyageur. Enfin, il sait voyager quand cela l’arrange. Il suffit de voir les embouteillages à l’entrée de Genève ou Lausanne. Paradoxalement, ces embouteillages sont moins conséquents à Bâle ou Zürich, et encore moins à Berne. Idem pour la fréquentation ferroviaire. L’époque d’or des années 2000 où on pouvait trouver un job bien payé à proximité de son domicile est révolue. Et les romands ont encore du mal à accepter cette idée.

Le deuxième problème est linguistique. Contrairement à une idée répandue, la première langue de travail de la majorité des entreprises suisses, ce n’est pas l’anglais mais l’allemand. Et 2017 a confirmé cet état de fait avec, par exemple, des demandes de l’État de Genève de profils parlant allemand dans ses services informatiques. Cette situation est, toute somme faite, complètement logique. La Suisse alémanique représente 70 % de la population helvétique, Zürich et Berne représentent à eux seuls, 2x le PIB romand (chiffres OFS) et l’Allemagne est le premier client de l’industrie helvète. Seulement, les romands et l’allemand, ce n’est pas le roman d’amour du siècle. Ce qui est flagrant pour les cantons du Jura et de Neuchâtel qui ont des taux très élevés de chômage (Neuchâtel détient le triste record) alors que les cantons germanophones limitrophes sont en manque de ressources. Et, dans le cas particulier de Neuchâtel, on ne peut parler de dumping salarial avec les frontaliers étant donné que c’est le seul canton à disposer dans sa législation d’un salaire minimum. Et nombreuses sont les entreprises de ce canton à avoir du mal à recruter car elles ont besoin de personnel parlant la langue de Goethe.

Il existe pourtant un autre paradoxe. C’est qu’on trouve souvent cette richesse linguistique dans la population des seniors et c’est celle qui souffre d’un chômage important. Mais cette tendance devrait pouvoir s’inverser.

En effet, 2018 s’annonce comme une année charnière. D’abord, les perspectives économiques s’annoncent de bons augures. Dans la foulée des derniers mois de 2017, les commandes industrielles sont là et les exportations continuent. L’ensemble des analystes s’accordent sur une croissance du PIB de 2 à 2.3 %, d’autant que la consommation intérieure se maintient à un fort niveau. Cette augmentation de croissance (1 % pour 2017) devrait s’accompagner d’une augmentation des besoins en personnels, ce qui devrait amener le taux de chômage global en dessous des 3 %, et les prévisions de 2019 sont dans la même ligne.

Parallèlement, la mise en application dès la mi-2018 de l’article constitutionnel découlant de la votation de février 2014 devrait ouvrir plus d’opportunités aux demandeurs d’emplois inscrits dans les ORP. Et parmi ces demandeurs, beaucoup de seniors. Bien évidemment, cela va demander aux entreprises de revoir leurs apriori par rapport à cette population, comme ces seniors vont devoir le faire aussi. A savoir qu’on peut accepter un poste inférieur à la position précédente afin de pouvoir repartir, faire ses preuves à nouveau et apporter une plus-value.

Le conseil fédéral a pris en compte ce risque d’augmentation de manque de personnel qualifié en relavant les quotas pour les ressortissants des pays tiers et nous sommes quasiment revenus aux niveaux de 2014.

Cependant, les problèmes de fond ne sont pas pour autant résolus. Les politiques suisses devront plancher, idéalement dès cette nouvelle année, sur les deux plus gros freins à l’emploi en Suisse. Le premier concerne la formation. La formation suisse, si souvent montrée en exemple, a deux faiblesses importantes. Le niveau linguistique, particulièrement du côté romand, et l’orientation. Sur ce dernier point, il suffit de voir les différences de taux de chômage entre, d’un coté, les métiers de la vente, du commerce et de l’administration, et, de l’autre, des métiers techniques. Nous avons pléthore d’employés de commerce sur le carreau tandis que des milliers de places d’apprentissage dans les sections techniques ne sont pas pourvues.

Le deuxième point concerne les seniors. Pour moi, le plus gros freins à l’employabilité des seniors est le coût, pas au niveau salaire car une expérience et des connaissances ont une valeur indéniable, mais des charges trop élevées, principalement dues à une prévoyance professionnelle dont les taux fixés, il y a près de 30 ans, n’ont plus de raison d’être.

Enfin, ces perspectives restent soumises à des contraintes, certaines extérieures comme l’effet Brexit, la bonne vigueur de l’économie mondiale ou la situation de la bourse suisse qui a vu son statut mis en surveillance par l’UE, qu’à des effets intérieurs. Sur ce point, bien que RASA est retiré son initiative populaire au vu du texte retenu pour la mise en application de la votation de 2014, une autre initiative est en cours de signature qui demande clairement, sous couvert de réduire le chômage, de dénoncer les accords bilatéraux qui ont permis la prospérité que connaît la Suisse depuis près de 20 ans.

Quoi qu’il en soit, la nouvelle année s’annonce très intéressante car elle va demander de nombreuses révisions de positions, tant au plan économique que sociétal. Dans ce futur parcours, Yodea Recrutement sera là pour les ingénieurs, et dès le 1er janvier, également pour les techniciens titulaires d’un CFC ou d’un ET. Et ne ratez pas l’arrivée du petit frère : Yodea Solutions !

Je vous souhaite une bonne année à tous, pleine de joie, de bonheur et d’épanouissements professionnels et personnels car l’un ne va pas sans l’autre.

© 2013 Stéphane Bruneau EI
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