juin 17th, 2019
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Les suisses sont fous

Les derniers chiffres sont tombés : les suisses travaillent plus que les autres salariés européens. Ils refusent les avancées sociales, une caisse maladie universelle ou une sixième semaine de vacances. Cette folie n’est pas récente. Le chantre de la gauche populaire française, Monsieur Mélenchon, l’avait fait remarqué lors du refus par votation populaire des congés supplémentaires. Il avait même comparé les travailleurs suisses à des esclaves soumis aux patrons. Pays de l’innovation, taux de chômage bas, taux de pauvreté réduit (même si un seul pauvre est toujours un pauvre de trop), mais quelles mouches ont piqué ce pays ?

Alors que les pays occidentaux éduquent leurs enfants dans de grandes écoles et universités, les suisses s’obstinent à faire travailler leurs enfants dès 16 ans, parfois même en usine. Cela s’appelle l’apprentissage, la voie royale au pays du Gruyère. Suite à cet apprentissage, il est même possible de poursuivre des études supérieures, parfois en cours du soir. En plus des journées de travail ! On est loin des 35 heures hebdomadaires. Et bien que la majorité de ces employés ne soient pas titulaires d’un diplôme universitaire, ils sont extrêmement bien formés et génèrent un main d’oeuvre horriblement coûteuse. Et malgré ces coûts, l’économie suisse est florissante et génératrice d’emplois.

Pourtant, la Suisse est loin d’être un Eldorado. Pas de salaire minimum, pas de tickets restaurants, de comité d’entreprises et autres comités surnuméraires. Peu de protection contre le licenciement aussi, le code du travail est réduit à sa plus simple expression. Nous sommes loin de l’image d’Epinal du pays de la fondue, du chocolat et des banques. Celles-ci ne représentent d’ailleurs que 10 % du PIB du pays, le plus gros contributeur à la richesse du pays, c’est son industrie. Etonnant pour un pays avec un niveau de salaire aussi élevé. Et la Suisse est loin d’être le paradis fiscal décrit un peu partout, en tout cas pas pour ses entreprises et ses habitants.

Alors, qu’est ce qui fait que la Suisse réussit là où ses voisins rament ?

Cela se résume en quelques mots : consensus, qualité et respect. Pas ou peu de grèves, on discute et on négocie dans le respect de chaque partie, en partant du principe que tout le monde a y gagner. Nous sommes loin de l’esprit Germinal qui règne dans certains pays si vous voyez ce que je veux dire … On trouve des consensus et des accords qui permettent d’établir des niveaux de rémunération dans les branches et les entreprises en fonction des besoins, souvent par convention collective, et en plus par canton ! Pas besoin d’établir par la loi un salaire minimum qui tire tous les salaires vers le bas car référent. Fiers de leur travail, les suisses ont décidé de faire des produits de qualité et de haute technologie plutôt que de vouloir concurrencer les pays émergents dont les coûts de production sont de 80 % inférieur. Enfin, la formation professionnelle, même si elle connaît des ratés dans certains domaines, considère qu’un employé bien formé n’est pas forcément un universitaire. Autrement dit, on mise sur la qualité de la formation, pas sur le volume de diplômés de l’enseignement supérieur.

Si ces 3 mots « consensus, qualité, respect » ne font pas partie de votre vision du monde, ne venez pas en Suisse, vous nageriez à contre-courant … Mais si cela fait partie de vos qualités, vous serez en mesure de comprendre pourquoi ce petit pays de 8 millions d’habitants est un miraculé économique au milieu de ses grands voisins déprimés. Les suisses sont fous … fous de leurs libertés, de leurs traditions et de leurs valeurs.

© 2013 Stéphane Bruneau EI
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